Vendredi 30 mai 2008
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Entrée au Crématorium sur fond musical : SAY HELLO de Rosie Thomas.
J' avais repéré cette chanson sur le blog de Pearl. Depuis de longs mois déjà, j' avais mis de côté cette chanson pour si
jamais ....Merci Christine de me l' avoir fait découvrir...Cette chanson résonne et résonnera pour longtemps en moi ....
Un petit montage en image pour accompagner la chanson. Ce sont mes débuts dans ce domaine, un premier jet comme on dirait en quelques minutes, .......
Texte écrit et lu par mes soins :
" Bérénice,
Regarde, tous nos proches, nos familles, nos amis sont là pour toi.
Mamie Ninie, Mamie Bretagne, ton Papé , Pépé Franky, Tatie Lolo, Tonton Eddy, Tati Mimie, Pépé Mortagne et Mamie
Taillot sont là , comme toujours.
Est-ce que tu les vois ?
J’ ai tant de choses à dire. Je ne le pourrai pas aujourd’hui. Trop long, trop difficile, trop douloureux, trop indicible et tant
imperceptible parfois.
Les chansons choisies parleront déjà beaucoup.
Mais c’ est aujourd’hui Bérénice un grand jour pour toi. Un grand jour pour nous.
Je veux exprimer mon incompréhension, ma douleur et surtout tout notre amour pour toi. Après , il nous faudra, Charlélie, Papa et
moi nous reconstruire."
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" 9 octobre 2006. Les débuts… La maladie, les douleurs, l ‘hôpital, les interventions sur ton petit corps, l’ isolement social, l’
isolement en bulle…..
Aucun répit, tellement peu.
Mais toi , tu as affronté cela avec tant de force, de volonté, de détermination. On y croyait tant !!!
Comment une petite fille aussi « présente » aussi « vivante » que toi ne pouvait elle pas dépasser ce mur
??
Comment accepter l’ inacceptable ? Que dire à son enfant sur cet avenir incertain ?
Je sais maintenant. Et je te remercie Bérénice d’ avoir su me guider, d’ avoir su accueillir cette alternative, avec tant de
sagesse ! Nous adultes, nous aurions été tellement démunis. "
MON ANGE de Nolwenn Leroy
J'ai la gorge nouée
Une porte à pousser
Tu ne dois rien savoir
De mon émoi
C' est un jour de soleil
Mais tout est triste en moi
Et je me suis juré
D' être forte pour toi
Et pourtant
Je crois, vraiment
Car, je sais que tu vas
Nous quitter mon ange
La clarté étrange de ton sourire
Illumine mon été
Je sais que tu vas nous
Quitter mon ange
Mais comment oser te toucher
J' ai si peur de voir
Mes mains trembler
Je m'assois sur ton lit
Dans toutes ces vagues de plis
Où tu pourrais te noyer
Pour une éternité
Je vais dire des bêtises,
Te raconter mon château,
Parler devient ma hantise,
Et s' il me manquait des mots?
Pourtant je crois, vraiment
Qu' il faudrait si peu de choses
Pour que je craque et
Que je me montre
Vulnérable enfin
Je sais que tu vas
Nous quitter mon ange
La clarté étrange de ton sourire
Illumine mon été
Je sais que tu vas nous
Quitter mon ange
Mais comment oser te toucher
J' ai si peur de voir
Mes mains trembler
Et si j'étais trop lâche
Pour voir la vérité
Et l' accepter avec courage
Comme toi tu le fais
Car, je sais que tu vas
Nous quitter mon ange
La clarté étrange de ton sourire
Illumine mon été
Je sais que tu vas tout
Quitter mon ange
Et si loin de moi t' envoler...
Je le sais que tu vas
Nous quitter mon ange
La clarté étrange de ton sourire
Illumine mon été
Je sais que tu vas nous
Quitter mon ange
Mais comment oser te toucher
J' ai si peur de voir
Mes mains... trembler
*************
" Tu nous as quitté. Tu le savais. Trop fatiguée.
Tu as pris un chemin. Pas celui auquel on s attendait. Surtout Pas celui que l’on espérait.
Nos amis ne vont pas tout comprendre, mais je leur expliquerai.
Je leur expliquerai pour Teddy, que tu as choisi de rejoindre. Pour ta chemise de nuit rose que tu as choisi pour ce dernier
voyage.
Mais je vais surtout leur dire combien tu es parti sereine.
Tu te préparais depuis qqes jours déjà. Tu trépignais derrière le pont qui menait dans cette espace de liberté…
Oui, tu as fait ce pas de géant. Tu es allée au milieu de la clairière, tu avais des cheveux longs, une jolie robe fleurie… et tu as montré
ton visage illuminé….Tu avais l’ air si heureuse…. Tu baignais dans la lumière du soleil… Tu le dessinais tant ce soleil…
Oui, il paraît que tu étais tranquille, si tranquille ….
Pour papa et moi, c ‘était une telle horreur… Nous étions, ce vendredi 9 mai 2008, plongés dans cette affreuse réalité… Ton dernier souffle
.
Alors à chaque fois que j’aurai de la peine, je me rappellerai de la clairière…
Tant de questions resteront sans réponse.
Si j’avais la certitude de ton bonheur ? Alors Oui, je me souviendrai de la clairière….Je m y accrocherais…… et puis …..ma quête n’
est pas terminée…. "
DE LA HAUT de Thierry Amiel
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" Bérénice, nous allons leur dire aussi.
Leur dire que tu souhaitais une petite sœur. Mais surtout leur dire combien nous sommes aussi fières de ton petit frère Charlélie. Il a été courageux lui aussi.
Il avait tant d’attentions pour toi. Et toi, tu lui donnais tant d’amour… L’amour d’une grande sœur qui protège son petit frère …
Bérénice, que pouvais-tu bien penser de tout cela ???? "
Texte lu par Laurence, une amie, présente auprès de Bérénice et nous mêmes , une aide précieuse depuis fort longtemps ....
Extrait modifié et adapté d une lettre « Mon Cher Petit Frère Chéri ». D’ Elisabeth Brami. Tiré du livre « Si je t écris » dédié aux enfants
malades.
" …..
Bon mon cher petit frère, ma chère future petite sœur. Je dois vous expliquer pourquoi je vous
écris cette lettre. C’est au cas où je raterais notre rendez-vous. J’ai peur de ne pas être sortie de ce grand frigo blanc d’hôpital lorsque toi petite sœur , tu décideras de sortir de ta
pochette surprise.
Vous verrez, nos parents sont plutôt biens. A la loterie des papas et des mamans, on aurait pu avoir pire. Les nôtres
sont gentils. Ils font tout ce qu’ils peuvent. Ils racontent même des mensonges pour me consoler et je fais semblant de les croire.
Pourtant, faut apprendre à ne pas trop leur en demander. Ce sont des adultes comme les autres : ils ne peuvent pas tout faire, tout savoir, tout comprendre, tout
réussir. Ca ne sert à rien de leur en vouloir. C’est pas de leur faute. Maintenant, je ne leur en veux plus, j’ ai l’ âge de raison.
Je
me dis qu ‘à leur place, je serais peut être horriblement furieuse d’avoir une fille malade comme moi. Je serais jalouse de tous les parents qui vont goûter en rigolant avec leurs enfants
au jardin après l’école. Je râlerais d’être obligée, en revenant du boulot, de me déguiser en schtroumpf pour passer dans l’ Unité de Soins Protégés. Peut être même que j’aurais disjoncté
depuis longtemps si je devais me forcer à prendre l’air de « tout va très bien » pour ne pas angoisser ma fille.
J’espère que ce que je
vous écris ne vous rend pas triste. Il ne faut pas. C’est juste vrai. N’attendez pas que les parents vous disent des trucs vrais. Ils n’osent pas. C’est trop difficile pour eux. Donc,
voilà. C’est pour que tu saches, petite sœur, dans quel monde tu vas tomber. Je te souhaite plein de courage pour l’accouchement et surtout pour les années après. C’est pas toujours
évident de grandir . N ‘est ce pas Charlélie ? En tout cas, un conseil : arrangez vous pour ne venir à l’ hôpital qu’ une seule fois dans votre vie : le jour de votre naissance !!!
Charlélie, prend soin de toi , protège toi.
Si jamais on n’ arrive pas à se voir parce que je n’ aurais pas pu rentrer à la maison à
temps, je te donne Charlélie l’ autorisation de t’ installer dans ma chambre, de jouer avec mes jeux, de piocher dans mes affaires ( à part les trucs de fille, .. quand même !) Tu as le
droit de changer mes posters de chevaux et de décrocher la guirlande de lumières en cœur si tu trouves que ça fait trop fille. Je te prête aussi tous mes livres et ma collection de
« j aime lire » et mes CD et ma DS. Je suppose, que, comme t ‘es un gars, tu te ficheras complètement de mes barbies, de ma dînette et de ma maison de poupées. Je te signale que ‘j
y tiens. Alors, faudra pas que tu les abîmes. Et puis….on ne sait jamais, avec cette petite sœur.
Par contre, petite sœur, j’ ai un
service à te demander :
Essaie de ne pas me piquer ma date d’ anniversaire. Chacun sa date. J’ aimerais que le 9 mars reste mon jour
rien qu’ à moi toute seule. D’ Ac ??? Tu n as qu’ à décaler un peu ta naissance. Te pointe le 1er Avril par exemple, puisque tu nages comme un poisson dans l’ eau il paraît
??
Ma chère petite sœur chérie, je suis sûre que tu seras un bébé adoré..Charlélie, un garçon mignon, ado rigolo, amoureux heureux, papa
sympa.
Et j’ espère que quand vous aurez mon âge, vous serez contents de lire cette lettre. Comme ça vous saurez que votre sœur vous
aimait…même sans te connaître, petite grenouille… et surtout , vous ne m’ oublierai pas .
Je vous fais une énorme réserve de mille millions de milliards de bisous.
Votre Grande
sœur pour toujours et toute la vie. "
******************************
Texte lu par mes soins, rapporté par l' un d' entre vous, Giselle me semble t il .. merci ...Il me parle tant ce texte , il me fait à la fois tant de mal
mais aussi tant de bien ....Extrait du N° 116 du "Pierres Vivantes".
"Je pleure mon enfant qui est mort...
Mais en même temps, j'entends sa voix qui me dit avec une légère
impatience :
"Maman, ne te tracasse pas pour moi,
Maman, n'en reste pas là.
Oui, mon départ t'a fait
très mal ! Oui, tu as toujours mal !
Mais tu sais maintenant que c'était un envol non un naufrage.
Oui, je sais ! Cela est inguérissable...
Mais que cela ne t'empêche pas de penser aux autres et aussi à
toi.
Continue à cueillir, maman, tous les bonheurs de la vie.
Même les plus petits, même s'ils ont un
arrière goût de cendre parfois.
Fais-toi plaisir, chante, écoute de la musique, crée quelque chose avec tes mains, crée quelque chose avec ton
coeur, avec ta tête !
Sans cesser de pleurer peut-être, mais crée !
Je te veux vivante, Maman
!
Que mon départ devienne pour toi source de vie !
Je t'en prie, ne t'abandonne pas !
Continue, va
!
Tu le sais, je suis avec toi tous les jours.
Je te veux vivante, Maman ! "
***********************************
" Bérénice, nous devons te laisser. Nous devons nous séparer.
Tu es déjà parti mais ce beau visage apaisé que tu nous as réservé doit aussi nous quitter.
Papa a choisi cette chanson pour toi. ( la dernière, Jeff Buckley )
Ce papa que tu chérissais… Combien lui aussi pouvait te cajoler, te chouchouter ….
Je te l’ai dit combien tu avais un adorable et super papa.
Je suis tellement fière de toi Bérénice. Tellement fière de Charlélie, tellement fière de mon mari… de votre papa…
Nous étions si heureux tous les 4 réunis…..
Mais L’ amour est vainqueur à jamais… cela, l’ a maladie ne nous l’ enlèvera jamais.
Ohhhh ma Darling, tu vas tant nous manquer…. !!!
Mais coquine comme dans la clairière,
Je m’ imagine que coquine, tu ne seras jamais bien loin….
Nous t aimons Bérénice….. Nous t aimerons encore et nous ne t oublierons jamais…
Vas ma fille… Papi Gérard t’ attends …. Lui aussi est prêt, il t ‘attend…
Malo et Alexis t ‘attendent aussi pour partir.
Lou, ta copine de jeux à l’hôpital, Célia, cette petite fille si jolie aux grands yeux clairs, Rémi, Baptiste, Enora, Clémentine, Arthur, Antoine, Didier, Kilian, Ninon, Abigaël, Frank,
Marc et tant d’ autres t’ y attendent……
Mamie, STP, elle qui te ressemblait tant durant ces derniers temps, je te la confie aussi.
Bon Voyage mon enfant . "
VOLE de Céline Dion
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Nous nous sommes ensuite levés pour dire un dernier adieu à Bérénice........distribution de roses, descente du cercueil ....
HALLELUJAH de Jeff Buckley
Bérénice nous a quitté couverte de fleurs,
accompagnée de son doudou d' adoption secondaire, Pépé,
dans sa chemise de nuit rose Charlotte aux fraise qu 'elle avait préparé ,
parée de ses bagues , son collier et sa couronne de princesse,
maquillée , les ongles vernis de bleu comme elle l' avait choisi les jours précédents,
parfumée de son parfum à la fraise,
parée également d un petit collier offert spontanément par son petit frère ( un coeur rose qu il avait confectionné à la crèche qqes jours avant son dernier souffle )
entourée de pétales de rose , un bouquet de roses rouges avec elle,
et le livre de Falikou, choix de son papa, comme si ce livre parti avec elle pouvait lui faire rappeler que nous ne l' oublierons jamais, pour l' accompagner sur ce chemin , comme Falikou....
J' ai retracé là toute cette journée, non pas pour faire pleurer dans les chaumières, mais pour montrer, pour témoigner de ce que l' on peut aussi faire ...
J' en reparlerai, mais j' ai aujourd'hui ce sentiment d' avoir accompagné Bérénice jusqu' au bout. Cette épreuve là faisait encore parti du cheminement à avoir pour ensuite "passer à autre chose"
et reconstruire..
S il y avait un jour pour lequel je désirais m' autoriser ce que je voulais, c 'était celui-ci.
J' ai donc choisi des chansons qui ont cheminé avec nous durant la maladie, des chansons que j'ai entendu puis écouté durant la maladie de Bérénice, en me sentant tellement concernée...." et si
jamais " ....
J' ai conduit Bérénice dans le fourgon, je suis entrée au crématorium , devant, pour montrer le chemin à nos amis, comme un devoir, je devais être là, encore aux commandes... C 'était moi ta
maman Bérénice, ma place était à tes côtés ..... J ' y suis restée à côté de ce berceau, (un peu particulier certes mais l' impression que j' en ai eu ) jusqu' au dernier moment, moment de la
descente, j' ai rejoins les miens qui me restent et que j' aime, mon mari et mon fils .....
Et tous nos amis, nos familles ont été à la hauteur... à la hauteur de la cérémonie que je souhaitais pour toi Bérénice... Ils ont été nombreux, présents, ... nous avons vécu de grands moments de
sincérité ... un grand moment de partage.... partage de la douleur, partage de l' espoir, partage de l' amour, .........
Un des plus "beau" jour de ma vie..... parceque malgrès tout ce que cela pouvait signifier, c' était un jour pour toi Bérénice, un très beau jour que nous avons pu t offrir..... C 'est toi
qui nous en a donné la force....
Merci .....